Lycée Charlemagne

De l'École Centrale au lycée Charlemagne

Dans son œuvre administrative, la révolution crée un cycle d'études laïc inspiré des théories des Lumières, qui exclut la religion et la morale, permet aux élèves le choix de leur cours, inclut les sciences dans les cursus et ne fait plus des langues anciennes le pivot de l'éducation. Cette liberté n'est pas du goût de tous et la première querelle des anciens et des modernes de « l'Education Nationale » éclate.

Le Premier Consul Bonaparte réorganise les études dans une loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) et crée les Lycées, un par département et quatre à Paris : le lycée Napoléon (actuellement Henri-IV), le lycée Bonaparte (actuellement Condorcet), le lycée Impérial (actuellement Louis-le-Grand) et le lycée Charlemagne (qui a conservé son nom).

« On enseignera dans les lycées les langues anciennes, la rhétorique, la logique, la morale, et les éléments des sciences mathématiques et physiques. Il y aura, dans les lycées, des maîtres d'études, des maîtres de dessin, d'exercices militaires et d'arts d'agrément. » (loi du 11 floréal an X).

Le décret organique du 17 mars 1808 stipule que les études au lycée seront sanctionnées par un examen, premier grade universitaire : le baccalauréat.

La vie des lycéens est organisée autour de l'internat. Cependant ni le lycée Charlemagne ni le lycée Bonaparte (Condorcet) n'en sont pourvus. Les élèves provinciaux, que la renommée des établissement de la capitale attirent, se voient contraints de trouver un hébergement extérieur à l'établissement dans des institutions (sorte d'internats privés où les élèves sont hébergés et où les cours sont « répétés ») : la plus importante d'entre elles, l'institution Massin, légua à sa fermeture le bronze de Silène et Dionysos érigé au chevet de l'église Saint-Paul Saint-Louis.

Il serait vain de citer le nom de plus de 80 000 élèves ayant usé les bancs du lycée. Ne citons que quelques noms fameux : Gérard de Nerval, Léon Blum, Jules Renard, Gustave Doré, Théophile Gauthier et Honoré de Balzac qui a fait au lycée l'honneur d'y être un élève médiocre.

Après la vie mouvementée de la Maison Professe, celle du lycée Charlemagne sera intimement liée à l'histoire. Les révolutions et les révoltes des « trois glorieuses » de 1830, plus récemment « mai 1968 », ont fait vibrer les couloirs de l'établissement. Les guerres ont fauché de très nombreux élèves ou anciens élèves.

Le lycée Charlemagne, proche du quartier juif du Marais, a payé un lourd tribut durant les années noires de l'occupation et de la collaboration, lorsque triomphaient la haine, l'exclusion et la mort. Dans l'escalier d'honneur une plaque commémore le nom de 19 innocents qui n'avaient commis qu'un crime : être nés juifs.

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